Le portage des enfants c’est…

  • Savoir unir deux corps harmonieusement, celui du petit porté sur celui de l’adulte portant.
  • D’un bout de tissu noué, avoir les mains libérées!
  • Pour transporter, travailler, calmer, nourrir, réchauffer,
    laisser dormir, le plaisir, ou tout simplement pour être ensemble collés.
  • Un art qui amène joie, amour et simplicité dans nos vies;
    Qui nous ramène aux besoins essentiels des êtres que nous portons;
    Et qui nous redonne notre liberté d’être actif tout en prenant soin.
  • Un art ancestral oublié de notre culture occidentale dont les bienfaits sont énormes tant dans l’établissement de la relation à l’enfant que
    dans son développement global.
  • Un art à se réapproprier.
Porter la vie! Apprivoiser le portage afin qu'il soit un outil dans cette quête d'harmonie pour notre vie avec les enfants: voilà l'Âme de ce site.

En apprenant les techniques de base lors d'un atelier de portage, vous verrez que rapidement vous pourrez les adapter à l’âge de l’enfant, à votre activité, au climat, aux besoins de vos deux corps et même à vos états d’âmes. Vous saurez alors vraiment ce qu'est l'art du portage des enfants.
Bien choisir son porte-bébé
Beaucoup de porte-bébés sont disponibles sur le marché, prenez le temps de bien le choisir!

Porte-bébé de tissu versus un porte-bébé sac ventral ou sac à dos
Comment reconnaître une position physiologique
Différents porte-bébés de tissu
Différentes qualités de tissu
Marques recommandées


Porte-bébé de Tissu
Porte-bébé préformé, sac ventral ou sac a dos
  • L’enfant est maintenu en contact direct et étroit avec le corps du porteur, il fait corps avec lui. On peut pratiquer le peau à peau. Généralement aucun espacement n’est possible entre les deux corps.






  • La position de l’enfant est physiologique. Partout au monde, dans les sociétés traditionnelles, les enfants sont portés de nombreuses heures par jour et ce, dans leur plus grand intérêt (développement physique, intellectuel et émotionnel.)
  • L’enfant est maintenu dans une poche, séparé du corps du porteur par un tissu parfois très épais (renforci et cousiné). Le niveau d’éloignement entre les deux corps varie selon la position. Plus la distance est grande entre les deux corps, plus l’enfant est lourd à porter (effet du levier).


  • La position de l’enfant n’est pas physiologique (ou rarement). Certaine recommandation faite aux nouveaux parents indique qu’il est préférable de ne pas porter un enfant plus d’une heure consécutive ou même plus d’une heure par jour.
  • L’enfant peut être positionné confortablement dans différentes positions : vers nous ou vers le monde sur la poitrine, dans le dos, sur la hanche et ce, toujours avec le même porte-bébé. Il y a place pour l’imagination et l’adaptation.

  • Le tissu s’adapte à tous les gabarits de porteurs et d’enfant et est toujours bien adapté à votre morphologie particulière comme c’est vous qui l’ajuster directement sur votre corps.



  • Il est possible d’adapter les positions de portage avec tous les tissus porte-bébés afin de porter devant et derrière autant les nouveau-nés que les enfants jusqu’à de 3-4 ans.










  • Les positions sont limitées et le porte-bébé est rarement adaptable.







  • Le porte-bébé est souvent mal ajusté pour le porteur comme il est conçu pour une grandeur standard. Les sangles sont déjà croisées à un endroit précis dans le dos sans tenir compte de la grandeur et de la taille du porteur.

  • La majorité des sacs ventraux permettent de porter jusqu’à 5-6 mois. Ceux qui permettent d’installer des enfants plus grands permettent rarement de le faire en minimisant le poids de l’enfant porté. Les gens pensent souvent à tord qu’à l’approche d’un an il n’est plus réaliste ou possible de porter les enfants. Les sacs à dos quant à eux ne permettent souvent de porter au dos que les enfants de plus de 12 mois.


Pour que la position de l’enfant soit physiologique, elle doit ressembler à la position que votre enfant prend lorsque vous le porter dans vos bras sans porte-bébé. Instinctivement, et pour minimiser le poids de votre enfant, lorsque vous le tenez dans vos bras, vous le faite de manière physiologique. Vous le lovez contre vous, il s’agrippe peut-être, vous faites le plus possible corps ensemble. Vous soutenez probablement le poids de l’enfant principalement au niveau du fessier. La tête est bien maintenue ou déposée de façon à ne pas être ballotté. Vous permettez au dos du tout petit bébé de garder sa courbure naturelle qui fait partie de sa physiologie jusqu’à l’étape de la marche à quatre pattes. Remarquez alors la position des jambes de l’enfant. Elles ne pendent pas comme c’est le cas dans ces fameux porte-bébés ventraux. Vous maintenez le poids par une grande surface de contact à la base de la colonne vertébrale de l’enfant: fesses, cuisses jusqu’aux genoux, bas du dos.

Dans les sacs ventraux, les enfants sont majoritairement suspendus au niveau des organes génitaux. La surface sur laquelle dépose le poids est très étroite, les jambes pendent. L’enfant est en suspension passive. Son dos ne peut alors rester dans sa courbure naturelle.



Pour éviter la suspension, les genoux doivent se retrouver à la même hauteur que les fesses sinon plus haut. Alors, le bassin est bien positionné, le poids ne se retrouve pas au niveau de la fourche et le dos peut s’arrondir.



Afin que le portage soit aussi physiologique pour vous, assurez-vous de porter assez haut lorsque vous porter devant. Il faut porter le poids de l’enfant avec votre stature osseuse et non au niveau des parties molles de l’abdomen, car alors tout le poids tire vers le bas, vous devez compenser par une cambrure du dos et votre périnée doit assurer. Le repère : le cœur de l’enfant à la hauteur de votre cœur. Pour un portage dorsal il n’y a pas de problème de hauteur comme il est osseux de haut en bas.


Il existe de nombreuses sortes porte-bébés de tissu et pour choisir lequel nous convient le mieux, rien ne vaut l’expérience. Même si vous n’avez pas encore votre enfant, faire l’essai d’un porte-bébé avec une poupée vous donne déjà une très bonne idée de ce que sera votre expérience de portage avec ce porte-bébé. Pour lire la théorie sur les différences entre les divers porte-bébés de tissu sur le marché, consulter le tableau de la page suivante peut être intéressant: http://www.emportemoi.com/choisir.html Prenez les informations de ce tableau à titre indicatif seulement. En faisant des recherches plus poussées, vous remarqueriez que chacun classe les porte-bébés différemment et les prix indiqués sur ce site ne représentent pas la réalité du marché québécois actuel.

L’atelier porte bébé du monde a été conçu pour vous permettre d’expérimenter les différents porte-bébés et d’apprendre les bases d’un portage physiologique.

   
    1) L’élasticité: Un tissu extensible peut sembler faciliter les nouages ou le confort d’un porte-bébé. Restez conscients néanmoins que cela veut aussi dire que plus votre enfant deviendra lourd et plus il étirera le tissu, plus il descendra, plus votre dos devra compenser. Vous serez aussi surpris de voir que déjà à 3 ou 4 mois, l’enfant devient assez lourd pour étirer le tissu et ne plus être porté exactement à la même hauteur que celle à laquelle vous l’aviez installé 30 minutes auparavant. On remarque aussi que le tissu a tendance a se ramasser en bande serrée au niveau de l’entre jambe comme avec les sacs ventraux! En essayant une écharpe élastique versus une écharpe tissée, vous verrez tout de suite la différence au niveau du maintient et de la stabilité. L’écharpe tissée paraît au début plus difficile à nouer et ajuster. Il suffit seulement d’apprivoiser l’écharpe tissée pour avoir ensuite des années de plaisir avec ce tissu résistant et encore confortable avec un enfant de 3-4 ans. Les écharpes tissées ont l'avantage de ne s'étirer ni sur la longueur, ni sur la largeur, ce qui permet de maintenir l'enfant dans une bonne position sans relâchement. Elles s'étirent cependant en diagonale ce qui rend l’ajustement confortable pour le porteur et l'enfant porté. De plus, la durée de vie d’un tissu tissé est beaucoup plus grande que celle d’un tissu extensible. Vos enfants pourront porter à leur tour avec le même porte-bébé.




    2) La qualité de la teinture: votre enfant mettra inévitablement les bords de votre porte-bébé dans sa bouche et tétera littéralement le tissu. Ainsi, il est essentiel de s'assurer que les teintures utilisées ne soient pas toxiques, et le meilleur choix est bien entendu une teinture qui reste et ne déteint pas.

    3) La longueur et la largeur: selon la longueur et la largeur de votre tissu, vous pourrez faire différents nouages et positions. Par exemple, la largeur de la majorité des écharpes extensibles (30, 35cm) ne permettent pas d’installer votre enfant pour un portage au dos sans aide comme sur la photo précédente. Elles vous laisseront beaucoup moins d’option de nouage. Informez-vous des options de portage qui vont avec les différents porte-bébés.

    4) La provenance et le salaire des travailleurs: Informez-vous de comment est distribué votre argent! Le commerce équitable avec le moins d’intervenants possible dans la chaîne permet un prix raisonnable pour les artisans et les acheteurs.

Je suis souvent en contact avec la déception des gens qui ont été mal conseillés pour leur achat de porte-bébé ou qui ignoraient tout simplement qu’il existait mieux. C’est pourquoi je m’autorise à nommer et commenter ici les marques disponibles au Québec que je connais et que j’ai essayées. Ce ne sont que des pistes, conseils tirés de mon expérience. Vous êtes cependant la seule et unique personne à pouvoir choisir le meilleur porte-bébé pour vous.

Les écharpes : je recommande les écharpes tissées pour les raisons mentionnées plus haut dans la section qualité de tissu. Le tissage aux qualités optimales pour le portage est le sergé croisé. On n’en retrouve malheureusement pas dans les magasins de tissu.

  • L’écharpe porte-bonheur Chimparoo (sergé croisé)
  • Les écharpes européennes Storchenwiege, Dydimos, Hopediz (sergé croisé)
  • Les écharpes du Guatemala Ellaroo (bien que la minceur du tissu répartisse moins bien le poids, elles valent toujours mieux qu’une extensible)
  • Les écharpes non-extensibles Bébé à bord du centre ressource naissance de Trois-Rivières
N.B. Les populaires écharpes Maman Kangourou sont faites de tissu extensible.

Les Mei Tai ou porte-bébé chinois: beaucoup de compagnies font de très bon mei tai. On peut fabriquer soi-même un très bon Mei Tai avec divers tissus. Je vous fais ici la liste des bons Mei Tai du marché québécois que j’ai essayé.

  • Le Moa Po (compagnie québécoise)
  • Le Mam Tai de Maman Autrement (compagnie québécoise)
  • Le Maya Tie de Maya Wrap
Autres porte-bébés de tissu: référez-vous à la section Différentes qualités de tissu et restez vigilant à ce que les positions proposées soient physiologiques. Les compagnies et les modèles abondent, il suffit de bien magasiner.

Sac ventral ou sac à dos : pour les inconditionnels des porte-bébés plus communs, préformés avec des sangles, procurez-vous une des rares marques qui permet une position physiologique pour l’enfant.
  • Ergo baby
  • Baby trekker


Quelques conseils pour vous accompagner
dans votre apprentissage


  • Apprendre à porter se fait à travers le monde au sein des membres de la communauté. Vous aussi, recherchez cette expérience vivante auprès de quelqu’un de familier avec le portage.

                                

  • Observez comment se positionne l’enfant lorsqu’on le tient dans nos bras. Instinctivement, on le maintient d’une manière qui est physiologique pour nous et pour lui Regardez où se dépose le poids de l’enfant, comment sont positionnées ses jambes et comment se comporte sa colonne vertébrale. Le portage n’est en fait que l’utilisation d’un tissu pour remplacer nos bras.

  • Consulter des instructions de base de portage avec différents types de porte-bébé peut vous aider à vous orienter dans le vaste choix possible. Vous trouverez aisément sur Internet des instructions écrites et imagées pour tout style de porte-bébé en tissu. Visitez la page contacts et lien pour commencer votre recherche.

  • Prenez du temps pour pratiquer avant la naissance du bébé, si possible, lorsque l’enfant dort ou lorsque quelqu’un d’autre s’en occupe. Un moment où vous êtes disponible. Pratiquez-vous avec un ours en peluche ou une poupée afin d’être plus à l’aise, plus sûr de vous et plus rapide lorsque vous pratiquerez avec bébé.

  • Utilisez un miroir. Vous visualiserez mieux comment s’installe le tissu en plus de vous rassurer en vous permettant de vérifier que le tout est convenablement ajusté.

  • Ne vous mettez pas de pression lorsque vous pratiquez. Faites-en un moment agréable de jeu et d’expérimentation. Ne pratiquez pas un nouveau nouage alors que tout le monde vous attends pour prendre une marche. Lorsque l’on est nerveux ou angoissé, le bébé est tout imprégné de nos émotions et en exprime généralement les effets.

  • Votre enfant pleure lorsque vous essayez de l’installer dans le porte-bébé? Ce n’est pas nécessairement parce que vous l’avez mal installé. Les premières fois, les enfants ne savent pas ce que vous faites, les sensations sont nouvelles et ils sentent votre nervosité ou votre impression de maladresse. Observez comment vous vous sentez. Avez-vous peur qu’il tombe? Êtes-vous confortable? Êtes-vous découragé parce que de l’installer dans le porte-bébé ne l’a pas calmé et a même accentué sa colère? Lorsque la situation le permet, laissez-vous le temps de terminer le nouage, de marcher, de respirer! Votre respiration vous permettra de revenir là où vous voulez vraiment être, ce qui, avec le balancement de votre marche, a de bonne chance de calmer l’enfant.

  • Laissez-vous le temps d’apprivoiser ces nouvelles sensations et d’y retrouver un sentiment de sécurité. Bientôt l’enfant reconnaîtra dès les premières manœuvres que vous vous apprêtez à le porter. Sachant le bien-être qui l’attend, il sera de plus en plus coopératif... à moins qu’il ne soit pas d’accord d’être porté dans le moment, mais ça c’est une autre histoire…
Seul, apprendre à porter peu parfois paraître inaccessible et ardu. Sachez que tout ce que vous en retirerez vaut vraiment l’énergie que vous investissez dans vos pratiques. Persévérez!